Le thème de l'insécurité sociale

Publié par Jacques TIBERI On 03:51

L'insécurité sociale est un thème politiquement porteur.
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En 2007, le thème de l'insécurité sociale aurait pû être le thème majeur de la campagne présidentielle. Néanmoins, la question de l'insécurité sociale, de la précarité, n'a pas été le thème numéro 1 de la campagne car les médias ne mettent pas ces sujets trop complexes en avant. En effet, la crainte du retour de l'extrême droite emmène les médias et les candidats sur le terrain de l'insécurité physique, alors que l'essentiel est ailleurs.
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L'insécurité sociale pourrait être le thème n°1 de la campagne de 2012, car le déclassement social qui touche les classes moyennes est devenu une réalité fort médiatique (pouvoir d'achat...).
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Etude d'après l'ouvrage de Robert Castel : « L'insécurité sociale, qu'est-ce qu'être protégé ? », 2003.
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1- La sécurité
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La meilleure des sécurités : la famille qui assure l'encadrement. C'est la « protection rapprochée ».
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La société de marché est une société d'insécurité totale. Elle laisse dans l'angle mort ceux qui n'ont pas les moyens d'assurer leur existence par l'épargne ou la propriété. La société de marché c'est donc la fin de la société, car la sécurité est la condition nécessaire pour que la société existe.
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L'exaspération du souci sécuritaire engendre sa propre frustration, qui nourrit le sentiment d'insécurité. Le thème de l'insécurité est donc « perpétuellement » porteur. Il faut donc trouver un sentiment de gauche qui se nourrisse lui-même afin de contrebalancer cet avantage de la droite. Solution : l'insécurité sociale.
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2- L'insécurité sociale.
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L'insécurité sociale c'est le sentiment, l'angoisse quotidienne, de ne plus maîtriser son existence,
d'être à la merci des évènements, de ne plus pouvoir anticiper l'avenir. C'est « l'imprévoyance », qui conduit à l'accumulation d'insatisfactions et de frustrations.
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Les trajectoires professionnelles deviennent mobiles. Chaque individu doit prendre en charge les aléas de son parcours professionnel devenu discontinu. Il est alors fragilisé, dans un contexte de concurrence, de compétition et de menace permanente du chômage. Ceux qui ne peuvent faire face à ces transformations sont rendus socialement invalides.
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Cette insécurité conduit au sentiment d'être laissé pour compte, un sentiment d'abandon de la part de l'Etat Providence. L'Etat semble impuissant devant ces nouvelles menaces.
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L'insécurité sociale engendre de la démoralisation à la manière d'un virus qui imprègne la vie quotidienne et mine le moral des individus. L'individu développe alors un ressentiment, mélange d'envie et de mépris envers, non plus les « nantis » ou « l'élite », mais simplement ceux dont la situation est stable (fonctionnaires, diplômés...).
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On assiste à l'émergencce d'une nouvelle « classe poujadiste » : la paysannerie, l'artisanat, le petit commerce disparaît, mais la classe poujadiste se reconstruit à partir d'ouvriers, d'employés, de jeunes d'origines populaires et de travailleurs peu qualifiés. Elle a hautement contribué à l'élection de N.Sarkozy.
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Leur valeurs sont tournées vers le passé ; ils refusent le pluralisme et les différences et cherchents des boucs émissaires, des parasites pour rendre compte de leurs difficultés (immigrés/étrangers, chômeurs/rmistes, fonctionnaires, grands patrons, mondialisation...).
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Le problème des banlieues devient le symbole de cette recherche du bouc émissaire. Insécurité civile et sociale s'y regroupent. Ces lieux représentent l'antre des nouvelles « classes dangereuses », qui concentrent le plus fort taux de « parasitisme » et de « nuisibles » : immigrés, sans emplois, sous-diplômés...
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3- Des idées pour le PS
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1- Répondre à la « peur du vagabond ».
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L'exclut d'aujourd'hui est la figure du vagabond qui est hors de tout système. Il faut donc répondre à la « peur du vacabond » en le ramenant dans la société, en le réintégrant. La droite veut l'enfermer dans les prisons, dans les centres fermés. La gauche préfère renforcer la cellule familiale afin d'éviter la spirale de l'exclusion.
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2- Récupérer la « valeur travail » par un biais détourné.
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Si la valeur travail est devenu une valeur de droite, la Gauche peut s'emparer de la « valeur emploi », arguant du fait que si le travail c'est le salaire, l'emploi c'est un statut social.
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3- Contre la « société individualiste » de la droite, proposer la « société d'interdépendances ».
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On peut opposer à la vision individualiste de la droite, l'idée d'une « société de semblables » (L.Bourgeois) dont tous les membres sont indépendants car ils mettent en commun leurs ressources. Certes, le terme « société des semblables » peut donner l'impression que la Gauche nie l'individu, c'est pourquoi il apparaît plus judicieux de parler d'une « société d'interdépendances ».
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4- Justifier l'action de l'Etat.
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Pour la droite, l'action de l'Etat est doublement improductive : par les surcoûts qu'elle impose au
travail (charges sociales) et les limites légales qu'il pose à la compétitivité des entreprises.
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La naïveté de la droite est de croire que démanteler l'Etat providence est la solution. Mais en retirant à l'Etat ses moyens, il en fait un « Etat laxiste », un Etat qui laisse la misère s'étendre.
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La protection sociale telle que la conçoit le PS va bien au-delà que l'octroi de secours en faveur des plus démunis : c'est la condition essentielle de la vie en société.
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5- La sécurité sociale professionnelle.
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La société contemporaine conduit l'individu à mettre en avant sa différence pour maintenir ou améliorer sa propre condition.
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Il faut un nouveau « compromis social », il nous faut un nouveau « régime de protection sociale », en construisant un nouveau régime de droits : la sécurité sociale professionnelle qui permettra de stabiliser les transitions d'un emploi à un autre.
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Le PS accepte la flexibilié sur le marché du travail, mais cette flexibilité ne pourra être développée qu'après avoir :
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... amélioré la qualité des organismes de recherche d'emploi en développant des « collectifs d'insertion » qui regroupent leurs financements et leurs pouvoirs de décision (comme les commissions locales d'insertion) pour faciliter l'emploi au niveau local sous un pouvoir unique.
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... et développé le « learnfare » (assistance par la formation).
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6- Accepter le marché, mais le domestiquer.
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Le PS accepte le marché, mais veut domestiquer le marché.
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"Le marché, c'est l'animal de compagnie de la société : bien éduqué, il lui apporte de nombreuses satisfactions, mal éduqué il est dangereux."

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