Le "Manifeste pour une gauche moderne" signé par les Gracques apparaît pose les principes de base de cette modernisation.
- Comparée à la Déclaration de Principes d'avril 2008, cette analyse permettra de connaître les points à négocier lors du prochain congrès de Reims.
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1-Dire clairement que l'économie de marché est une bonne chose, qui permet de créer des richesses collectives et de redistribuer.
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DP : "Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privédynamique, un secteur public, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économiesociale. C’est une société nouvelle, qui dépasse les contradictions du capitalisme, faisant toute saplace au secteur non-marchand, que les socialistes veulent bâtir." Il faut une référence positive a terme d'économie de marché, associé à l'idée de régulation.
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2-Etre favorable aux entrepreneurs, car l'entreprise est une source de richesses.
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Aucune référence au terme d'entreprise dans la DP. Un manque qu'il s'agit de combler.
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3-La révolution environnementale est une dimension essentielle de sa vision du monde.
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DP : Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles. Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les avancées sont suffisantes.
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DP : Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles. Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les avancées sont suffisantes.
4-La mondialisation est un progrès, régulée par des stratégies fortes d'accompagnement.
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DP : Le terme mondialisation est associée directement associée à sa "domination par le capitalisme financier". Il semble que l'approche socialiste soit électoralement plus porteuse : un sondage TNS-Sofres (d'ailleurs commandé par les Gracques) démontre que les Français considèrent ont une vision négative de la mondialisation, qui pénalise les entreprises (50%), les consommateurs (55%) et les salariés (75%). La critique de la mondialisation apparaît comme la posture la plus adéquate.
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5-La société civile à un rôle essentiel à jouer : associations ; syndicats.
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DP : "Il prend en compte dans un dialogue permanent, les forces et les mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les organisations non gouvernementales…" Nulle autre référence à la société civile n'est présente. Or, le fondement de la social-démocratie reste le développement d'un syndicalisme fort et rationnel. Il s'agira d'exprimer la volonté du PS de "promouvoir un syndicalisme de masse", en arguant du fait qu'il permettra de rompre avec la culture du conflit (grève) pour entrer la une culture du dialogue.
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6-La gauche est intégratrice (société multiculturelle et neutralité laïque).
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DP : "La laïcité est plus qu’un principe de tolérance, elle est un combat contre tous les fondamentalismes et tous les intégrismes". Si le PS est laïc, rien dans la DP ne traite de "l'intégration". Il s'agit de briser le tabou du discours socialiste sur l'immigration. Mais dans quelle direction ?
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7-La gauche est travailliste (valorisation du travail).
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DP : "Le travail humain est un enjeu fondamental, c’est un moyen individuel et collectif d’insertion, de reconnaissance, d’émancipation..." mais "le travail doit aller de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre". Le PS ne valorise par le travail, qu'il considère toujours comme un facteur d'aliénation, en opposition aux loisirs libérateurs. Cette posture nourrit l'idée d'un "socialisme de la paresse", dénoncée systématiquement par la droite, que ce soit face au front populaire (le "ministère de la paresse") ou face aux 35 heures ("travailler plus pour gagner plus"). Néanmoins, elle a l'avantage d'instaurer dans la durée un clivage clair entre gauche et droite : le "travailler plus pour gagner plus" s'oppose ainsi au "travailler moins pour vivre mieux". Cette posture doit donc être conservée et valorisée, afin de maintenir une séparation nette entre gauche et droite : sera ainsi compensé le sentiment de centrisation du PS, auprès des électeurs situés à la gauche de la gauche.
.8-La gauche est régulatrice (régulation par la puissance publique mais délégation du service public renforcée).
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DP : "Les socialistes affirment que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels." Les deux idées ont un sens équivalent, mais une portée différente. La posture socialiste apparaît ici conservatrice. La posture des Gracques s'avère plus progressiste. Néanmoins, il est certain que les Français restent fortement attachés aux services publics, prenant conscience que leur privatisation rime avec une hausse des prix. Tout dépend donc de l'évolution de la question du pouvoir d'achat : si ce dernier reste une préoccupation primordiale des Français, la défense du SP sera la ligne ; si le pouvoir d'achat n'est plus une question d'actualité, le développement des DSP pourra être soutenu par le PS.
.9-La redistribution ne passe pas par la hausse d'impôt mais une meilleure dépense publique : imposer les foyers riches et mettre des SP là où il y en a le plus besoin.
.DP : "La redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, et réduire les écarts de conditions." Cette formule générique ne règle pas la question des choix fiscaux. Le PS doit briser l'image de "Parti des hausses d'impôts" pour devenir le "Parti de la juste imposition". Il s'agira notamment de remettre en cause l'imposition du capital, levier d'investissement et de croissance, pour favoriser l'imposition du revenu.
.10-La gauche des progressiste : innovation, recherche, technologie.
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DP : "Le progrès, synonyme d’amélioration de la vie humaine, est une valeur fondamentale pour les socialistes." "Enfin, l’État moderne doit être un État, qui investit et émancipe en privilégiant l’éducation, la recherche, l’innovation, la culture." Pour le PS, le progrès appartient à l'Etat. Il s'agira de rendre le progrès à la société civile, en affirmant le soutien du PS à toutes les formes d'innovation (notamment en remettant en question l'imposition du capital).
DP : "Le progrès, synonyme d’amélioration de la vie humaine, est une valeur fondamentale pour les socialistes." "Enfin, l’État moderne doit être un État, qui investit et émancipe en privilégiant l’éducation, la recherche, l’innovation, la culture." Pour le PS, le progrès appartient à l'Etat. Il s'agira de rendre le progrès à la société civile, en affirmant le soutien du PS à toutes les formes d'innovation (notamment en remettant en question l'imposition du capital).
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11-La gauche moderne est pour le droit à la sûreté.
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Le PS ne sait pas parler de sécurité ou d'insécurité, ces termes étant tabous... mais il peut contourner le problème en usant du mot "sûreté". De plus, le PS est en mesure de parler de lutte contre l'insécurité... en se référant à une "insécurité sociale".
Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l’Union européenne qu’il a non seulement voulue, mais en partie, conçue et fondée. Rien à modifier.
13-La gauche est morale : sobriété du train de vie de l'Etat ; non cumul des mandats ; règlementation des rémunérations des chefs d'entreprises...
Le programme de S.Royal apparaissait clair sur ces points. Rien à modifier.
14-La gauche est réaliste : rigueur et vérité.
L'usage du terme "rigueur" est ici important : la rigueur budgétaire serait signe de bonne vertu et de bon sens économique : deux qualités qui semblent avoir manqué au programme de S.Royal, jugé trop irréaliste et dépensier. Il est certain que cette "pensée unique" libérale est aujourd'hui encrée dans les esprits : le déficit est mal. Or, les années de déficit furent les années Mitterrand. Il s'agit de s'inspirer du programme de F.Bayrou, plus "rigoriste" : ce thème semble avoir été fort porteur, à son avantage.

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