Le vocabulaire sarkozien, agressif et autoritaire, n’est plus tenable face à une femme : N.Sarkozy fait peur (la rupture est anxiogène). L’UMP infléchit donc le discours : N.Sarkozy parle de respect, d’écoute, de confiance, de protection et change son image (la rupture devient « tranquille »).Le langage de N.Sarkozy (et Henry Guaino) se dégage de la langue de bois et des euphémismes convenus pour plus de simplicité, de concision et de répétitions, à l’image de slogans publicitaires.
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1-Le message de N.Sarkozy est calqué sur les standards publicitaires.
-Le dictionnaire de N.Sarkozy se limite à 200 mots (contre 450 pour S.Royal).
-N.Sarkozy est le candidat de la phrase courte (20 mots / phrase contre 25 pour S.Royal).
Ainsi, le parler sarkozien est brut, simple ; le parler royal apparaît, par contraste, alambiqué et complexe.
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-N.Sarkozy use d’un discours verbalisé (utilise les verbes, comme le langage courant) quant celui de S.Royal est nominalisé (utilise des noms, comme dans les discours abstraits). De plus, lorsque N.Sarkozy utilise des noms, il les qualifie peu, quand S.Royal use de nombreux qualificatifs : ceci donne des phrases plus courtes, et un style plus dynamique.
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-N.Sarkozy martèle son message. L’anaphore est l’instrument langagier fétiche de N.Sarkozy : 40% de ses discours sont des anaphores, contre 20% pour S.Royal. Le copier-coller est très présent dans ses discours (20% des discours sont copiés-collés contre 8% chez S.Royal).
2-N.Sarkozy individualise son propos.
N.Sarkozy utilise 17 000 fois le pronom « je », et S.Royal 20 000. Mais S.Royal l’associe souvent au « vous », quand N.Sarkozy l’use individuellement. Dans les faits, N.Sarkozy est le candidat du « je », S.Royal celui du « vous » et F.Bayrou celui du « nous ».
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3-N.Sarkozy, candidat volontariste.
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Quand N.Sarkozy « veut », S.Royal « doit » et F.Bayrou « peut ».
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4-N.Sarkozy rhéteur.
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Afin de créer une connivence, N.Sarkozy use de phatiques : écoutez, vous savez, je vais vous dire… N.Sarkozy pose aussi des questions théoriques auxquelles les réponses sont toujours « oui ». Afin de justifier des propos contestables, N.Sarkozy joue du thème de la parole muselée (« on a plus le droit de dire que… mais c’est la vérité »).
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5-N.Sarkozy, le vampire langagier.
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-Ségolène Royal a adopté une image maternelle, calme et douce (tendresse, affection, amour, bonheur), en opposition à la brutalité et au machisme sarkozien. Elle use donc du langage « émotionnel positif ».
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-A partir de 2007, N.Sarkozy passe d’un langage « négatif » à un langage positif, et en use 2 fois plus que S.Royal.
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-Néanmoins, il persiste dans le discours émotionnel négatif, qui croît progressivement, alors que S.Royal se maintien dans le positif, et apparaît ainsi davantage « utopiste », moins réaliste face aux difficultés de la vie.
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-Par ailleurs, ce n’est pas S.Royal qui parle le plus de « l’enfant », malgré son image maternelle, mais N.Sarkozy. Pourtant, S.Royal parle davantage de la jeunesse que N.Sarkozy (3 fois plus).
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6-N.Sarkozy et l’histoire.
L’histoire, selon N.Sarkozy, se résume à celle des grands hommes : dans chaque ville de France où il prononce un discours, il glorifie les grands hommes issus du terroir. Son discours historique reprend les principes du « Tour de France par deux enfants » de G.Bruno (Augustine Fouillé).
7-N.Sarkozy et les valeurs socialistes.
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N.Sarkozy et la valeur travail. A la lecture des discours de S.Royal, H.Guaino repère son expression fétiche : la « valeur travail » et se l’approprie, en mettant en avant le travailleur, alors que S.Royal parle de salarié. Bref, N.Sarkozy semble parler à ceux qui ont du travail et S.Royal semble parler à ceux qui n’en ont pas.
N.Sarkozy et les grandes figures du socialisme. Alors que S.Royal ne prononce quasiment pas le mot socialiste, N.Sarkozy s’approprie les références du socialisme « fondamental » (Blum, Jaurès).
8-N.Sarkozy et les thèmes de droite.
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Sachant que l’immigration et la sécurité sont des thèmes pour lesquels il réserve appels aux électeurs du FN, N.Sarkozy est contraint de « recentrer » son discours, trouvant une parade afin de parler d’immigration sans prononcer le mot. Le terme de substitution sera « identité nationale ». Sa vision de l’identité nationale étant fondée sur l’oubli (des zones sombres de l’histoire française) et non la mémoire.
Le bouc émissaire de mai 1968 a le mérite de rassembler de nombreux français soucieux de désigner un coupable au « déclin français » : la « liquidation » de mai 68 devient le leitmotiv rassembleur de la droite.
Conclusion : adapter le discours du candidat socialiste.
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1-Parler le langage du "citoyen de base".
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-Réduire le "dictionnaire" des discours à 300 mots du quotidien (à partir du "Petit lexique des mots essentiels" d'Odon Vallet + "355 mots les plus fréquents de la langue écrite française" (http://eduscol.education.fr/D0102/liste-mots-par-frequence.pdf... Pages 1 + 2 colonne 1&2).
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-Réduire le nombre de mots par phrase à 20, utiliser des "phrases slogans".
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-Réduire le part des noms et "verbaliser" le discours pour le rendre plus "quotidien".
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-Accroître le nombre d'anaphores et les répétitions de termes.
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2-Passer du "vous" au "je et vous".
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-Afin de concilier l'individualisation du politique (je) avec la volonté de préserver le collectif chère à la Gauche (vous), il s'agit d'atteindre un équilibre entre l'utilisation des pronoms "je" et "vous".
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3-Passer du "devoir" au "vouloir".
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-Face à N.Sarkozy, la Gauche propose (on doit) mais n'apparaît pas assez volontariste (on veut). Il s'agit donc de privilégier le "vouloir" tout en conservant le "devoir" (2/3 contre 1/3).
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4-Démonter que le PS a brisé ses tabous.
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N.Sarkozy justifie ses propos extrêmes en développant le thème de la parole muselée (on a pas le droit de dire la vérité). Le PS peut reprendre cette méthode, en jouant sur le thème de la parole libérée : "aujourd'hui j'ose dire que".
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5-Associer l'image paternelle à l'image maternelle.
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S.Royal a déployé une image maternelle (la mère = l'amour) mais N.Sarkozy a évité de tomber dans l'image exclusivement paternelle (le père = la loi). Le PS doit se concilier les deux images, en mélant la sémantique "émotionnelle positive" avec une sémantique "autoritaire" sur le thème : "l'autorité c'est l'apprentissage du respect"... "le fondement de l'autorité juste, c'est l'amour".
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6-Se réapproprier la "valeur travail" par la "valeur emploi".
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La droite a "volé" le thème principal du PS en début de campagne : "la valeur travail". Il est possible de se la réapproprier, tout en "socialisant" le concept en parlant de la "valeur emploi".
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7-Trianguler le discours en faisant appel à Chaban et Capitan.
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En faisant appel aux "socialistes fondateurs" français (Jaurès, Blum), N.Sarkozy a dénoncé un "socialisme mou" contre le "vrai socialisme des valeurs". Il est possible de retourner cette méthode, en dénonçant la droite "oublieuse de ses fondements républicains" qui a "copiné avec l'extrême droite", en faisant appel à des citations prononcées par des individus incarnant la droite traditionnelle (gaulienne) modérée, notamment Jacques Chaban-Delmas et René Capitan.
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8-"Socialiser" le discours sur l'identité nationale.
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Le thème de l'identité nationale tend à recentrer le débat politique sur les questions de sécurité et d'immigration, et défavorise la Gauche, quand les thèmes "sociaux" la favorise. Or, il est possible, à partir des thèmes de l'immigration, de la sécurité et de l'identité nationale, de retourner sur le terrain "social" :
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-L'immigration enrichit la france, économiquement (travailleurs) et culturellement (metissage).
-La sécurité... contre l'insécurité sociale.
-L'identité nationale c'est notre attachement aux droits de l'homme et aux valeurs d'égalité et de fraternité.
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9-Le bouc émissaire "vichyste", contre le bouc émissaire de "Mai 68".
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N.Sarkozy accuse "l'esprit de Mai" des mots de la France et de la crise de l'autorité. Mais la droite a tenté d'oublier le passage le plus douloureux de son histoire : le gouvernement de Vichy. Il est possible de souhaiter "liquider l'esprit vichyste" qui gagne les rangs de la droite (rafles d'étrangers, triptique "travail-consommation-identité nationale" ; racisme larvé ; dénonciation de la paresse...).
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