Le Strauss-kahnien Jean-Paul Huchon dresse un portrait au vitriol de S.Royal dans son livre "De Battre Ma Gauche s'est arrêtée" (Mars 2008).
Il semble correspondre à l'image que les électeurs de Gauche qui n'ont pas voulu voté Royal (se sont abstenus ou ont voté F.Bayrou) avaient de la candidate. Il s'agirait donc de l'image véhiculée par S.Royal chez les citoyens de tendance "modérée" ou "centriste".
1-Le manque de subitilité dans la référence au catholicisme.
Sur la lignée de F.Mitterrand, S.Royal a établi sa communication sur l'idée que la psychologie des français est profondemment baignée de catholicisme. En s'adressant à la France comme à des ouailles, elle jouait sur sa fibre judéo-chrétienne. Néanmoins, le manque de subitilité de ces appels a dévoilé la stratégie communicationnelle derrière la posture et déçu un électorat "intellectuel" choqué par l'abus d'Ethos et de Pathos.
S.Royal se glisse (...) dans la peau d'une Jeanne d'Arc illuminée, d'une madone improbable, à la limite de l'attitude christique, parsème ses propos et ses apparitions de locutions étranges, à l'accent maternel, aux connotations chrétiennes.
Le style (...) laisse pantois : cette immobilité complète, ces paumes ouvertes, ce sourire de Joconde, jusqu'à ce cri (...) "Aimez-vous les uns les autres". Moi catholique d'origine, je ne parviens pas à croire ni à comprendre ce que Ségolène dit.
2-La critique misogyne.
La présence de S.Royal a certainement surprit : il est certain que les médias et la classe politique a répondu à cette "première" par l'expression d'un de "doute d’office » et d'une réserve inconsciente. Ainsi a-t-on décortiqué la « féminitude » de S.Royal, en lui reprochant son « scandaleux » positionnement en « mère », « madone » ou encore « infirmière ».
Progressivement, faute de compenser " l'infériorité latente " lié à son statut de femme par une compétence et une assurance extrême, les "bourdes" relayées par les cellules d'observation et de riposte de l'UMP puis les médias ont fait de son atout communicationnel majeur un handicap.
Elle prononce des discours interminables, véritables catalogues de la Redoute d'idées toutes faites...
.
La présélection de la candidate socialiste s'est peut-être jouée sur cette idées : on choisit une femme, voilà la nouveauté.
3-Le soupçon d'incompétence.
La critique misogyne a été renforcée et doublée d'un procès en incompétence. Il est clair que N.Sarkozy n'a pas subi la vague des « bourdes » avec la même ampleur que S.Royal. Certainement à cause de l'incapacité du PS à organiser une riposte systématique et quotidienne suffisamment tôt, ni à constituer un carnet d'adresse médiatique afin de relayer leurs attaques.
Par manque de préparation, S.Royal à choisi l'improvisation. Ainsi a-t-elle laissé échapper la "bravitude" et l' "héritation", comme des preuves de son côté bo-bo nu-nuche, quand N.Sarkozy parlait le verbe de la rue et des contoirs. Par manque de concertation, son programme a connu des revirements inquiétants et les hésitations quant à son financement ont autorisé certains à parler de son "incompétence économique".
.
Par ailleurs, tout au long de la campagne, S.Royal a hésité entre l'affirmation d'une pensée alternative de type blériste et la défense du programme du Parti, de peur de perdre son soutien. Elle a donc fait de troublants allers-retours entre ces attitudes.
Nous sommes passés d'une candidate qui aurait dû rassurer et protéger à une présidentiable qui instille le doute et inquiète. Des gens que j'estime m'ont déjà confié qu'ils se rallieront à Sarkozy parcequ'ils le jugent crédible. Sarkozy, qui devait faire peur, rassure.

0 commentaires