Présidentielle 2007 : debriefing

Publié par Jacques TIBERI On 00:48


Les résultats définitifs du duel Sarkozy-Royal furent 47% contre 53%.

A l'issue du 1er tour, aucun des deux candidats ne dépassait la barre des 30% : royal obtenait 25% et Sarkozy 26%.

Néanmoins, la réserve de voix de S.Royal (8,5%) apparaissait bien moins importante que celle de N.Sarkozy (16,5%). [ces chiffres ne prennent pas en compte le vote Bayrou].

Précisons que l'avance de N.Sarkozy reposait avant tout sur le vote Front National (14%). Afin de rattraper son retard de 8 points, S.Royal devait "attirer" plus de 80% du vote Bayrou (qui s'élevait à 24%).

Or, S.Royal ne réussira à capter que 38% du vote bayrou (contre 40% pour Sarkozy et surtout 22% d'abstention). A contrario, N.Sarkozy bénéficie du vote FN à 63% (25% s'étant abstenu).

Au second tour de la présidentielle, ce sont deux Frances qui se sont opposées :

1-L'électeur type de S.Royal a entre 18 et 40 ans et vit en milieu urbain. Etudiant, chômeur ou fonctionnaire, son revenu est modeste. Démographiquement, ceci représente entre 17 et 18 millions d'électeurs. Ce chiffre correspond au vote socialiste lors du 1er tour de la présidentielle.

2-L'électeur type de N.Sarkozy a plus de 50 ans et vit en milieu rurbain. Il travaille dans le privé ou est à son compte, et surtout est retraité. Son revenu est relativement élevé. Démographiquement, ceci représente entre 16 et 17 millions d'électeurs.

3-L'électorat volatil se situe donc dans la fourchette des 40-50 ans à revenus médians. Ils représentent environ 12 millions de personnes.
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La défaite du parti socialiste : l'échec d'une stratégie et d'une candidate.
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1-La candidature de S.Royal n'a pas permis la mobilisation féminine. N.Sarkozy réussit le même score chez les femmes que S.Royal (30%).
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2-Il ressort de la majorité des études d'opinion que le handicap majeur de S.Royal reste son incapacité à démontrer sa "stature présidentielle".
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3-S.Royal n'est pas parvenue à maintenir l'électorat socialiste de base.
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*Perte du vote ouvrier : depuis 2002, on constate une défection du vote ouvrier à gauche : les ouvriers se seraient tournés vers le FN et S.Royal n'a pas su les reconquérir (54% d'intention de votes seulement). On peut donc parler d'un rejet de S.Royal chez les ouvriers, peut-être en raison d'une certaine misogygnie.
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*Fragilité de l'électorat traditionnel de la classe moyenne : professions intermédiaires et employés. Ces deux groupes ont été très partagés : 50% environ ont soutenu la candidate socialiste.
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4-La main tendue au centre n'a pas convaincu les salariés du privé, ni les jeunes actifs.
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*La cible privilégiée de F.Bayrou sont les "salariés du privé". Or, même si S.Royal a insisté sur le soutien aux entreprises et la lutte contre les déficits publics, elle n'a pas su percer auprès de cette catégorie (47% d'intentions de vote). Les promesses d'allègements d'impôts de N.Sarkozy ont davantage séduit cette catégorie.
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*Le candidate socialiste connaît un "trou" significatif auprès des jeunes actifs (25 à 34 ans). Ces derniers ayant des difficultés à s'insérer dans la vie professionnelle n'ont pas adhéré aux promesses de la candidate socialiste, jugées trop "irréalistes".
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5-Le PS a fortement sous-estimé le poids démographique et donc électoral des retraités (+ de 65 ans) dont 65% se sont tournés vers N.Sarkozy. En effet, aucune mesure spécifique en faveur des retraités ne prenait place dans les "priorités" du Pacte Présidentiel socialiste.
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6-Quand le vote Sarkozy fût un vote d'adhésion, le vote Royal fut un vote par "défaut".
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Il semble que le critère charismatique ait fait l'élection. En effet, si 86% des électeurs UMP souhaitent N.Sarkozy pour Président, seulement 66% des électeurs PS soutiennent S.Royal. Ce déficit de notoriété se répercute au second tour : 40% des électeurs voteront Royal pour "barrer la route à N.Sarkozy", quand 77% des électeurs de N.Sarkozy souhaitaient qu'il soit Président.
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Bref, 15% des électeurs de Gauche se sont abstenus au second tour, plutôt que de voter pour S.Royal. Soit plus de 500 000 électeurs.
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L'analyse conduit aux orientations stratégiques suivantes :

a-La nécessité de reconquérir "l'électorat de base" socialiste, c'est-à-dire les populations en précarité : les jeunes actifds, les personnes âgées, les ouvriers.

b-Conquérir les "cadres privés trentenaires", de centre-droit, par des propositions et prise de position "centristes" ou social-démocrates.

c-Résoudre le déficit d'image "présidentiable" des candidats socialistes en choisissant un candidat à la fois rassembleur, rigoureux et expérimenté.

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