Qu'est-ce que le socialisme libéral ?

Publié par Jacques TIBERI On 22:47

Synthèse de l'ouvrage "Le socialisme libéral" de S.Audier.

Introduction : quel "libéralisme" ?

Le mot libéralisme évoque parfois le « laisser-faire ».

Le « libéralisme » des sociaux-libéraux relève davantage d’un « nouveau libéralisme » (distinct du néolibéralisme) attaché à la liberté individuelle mais préoccupée par les inégalités.

Bref, chaque personne à la droit de choisir sa vie, mais la collectivité conserve sa responsabilité sociale : l’Etat social doit intervenir afin de réduire le déséquilibre entre ceux qui sont favorisés et défavorisés par l’économie de marché.
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1-Définition du "social-libéralisme".
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Le socialisme libéral désigne l'avenir d'une social démocratie convertie aux vertus du capitalisme, moyennant quelques correctifs.

C'est un libéralisme politique, situé entre le Républicanisme et le Socialisme.

C'est une réponse républicaine et socialiste aux "libéraux". A ses sources, on trouve le "socialisme républicain" (Pierre Leroux, 1860) et le "socialisme chrétien" (François Huet, 1890) : c'est la réalisation de l'idéal égalitaire évangélique.
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-Le « libéralisme » du socialisme-libéral est politique : la liste des « droits de liberté » doit s’enrichir pour garantir une participation civique croissante. Le libéralisme social est dépositaire de la "fonction libérale" : la liberté ne doit pas être le privilège d'une minorité, mais le patrimoine de tous (elle doit se réaliser pour les pauvres gens). Le capitalisme s'oppose donc au libéralisme, car le capitalisme bourgeois s'est rigidifié et emprisonne la dynamique sociale, car la bourgeoisie ne renoncera jamais à ses privilèges.
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-Le « socialisme » du social-libéralisme est solidariste : la collectivité reconnaît à tout individu un droit minimum de « justice sociale » concrétisé par un niveau de bien-être économique, condition d’une liberté politique effective. Néanmoins, les droits sociaux ne doivent pas éclipser les droits de liberté. Le social-libéralisme est "centré sur la solidarité sociale" (Charles Renouvrier, 1890). En effet, l'égalité juridique ne suffit pas seule, mais "l'égalité réelle" donne à chacun sa part du patrimoine selon la justice. C'est à l'Etat que revient le soin de "prendre en charge la communauté" et de libérer le travailler de la servitude économique. L'Etat devient ainsi un agent de libération de l'individu.
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2-L'introuvable "troisième voie" social-libérale.
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Le social-libéralisme constitue la doctrine du Third Way ("New Labour" ; "Libéralisme Social" ; "Libéralisme socio-écologique").
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Face au conflit entre liberté et égalité, le social-libéralisme offre une conciliation supérieure au socialisme ou au libéralisme (Paul Gaultier, 1930). Car, à condition de ne pas être extrêmes, liberté et égalité se complètent. Libéralisme et socialisme sont donc deux compléments d'une même idée (le liberalsocialisme ; le socialibéralisme).
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Néanmoins, il y a autant de "3ème voies" que de social-libéralismes :
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-La 3ème voie allemande "révisionniste" (Bernstein, "Socialliberalismus" Allemand de 1915). qui s'inspire du mouvement français dit "morcelliste" (Camille Sabatier, 1850) qui anticipe Léon Bourgeois.
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-L’ordo-libéralisme allemand qui repose sur le concept « d’économie sociale de marché » (W.Eucken, 1940), proposant une 3ème voie entre la « société de marché » (sans Etat) et « l’Etat conservateur » (dont le seul but est de préserver les secteurs condamnés). Il est rejoint par J.Habermas (1960), pour qui il s’agit de résoudre la double crise du Welfare State et de la société du travail, notamment par la réduction massive de la durée du temps de travail. Néanmoins, l’ordo-libéralisme se distingue des autres courants par son encrage « chrétien ». Pour autant, il est celui dont Lionel Jospin semble le plus proche.
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-Le "liberalsocialisme" italien (Calogéro, 1950) : un socialisme pratique et éthique résumé par la formule "Justice et Liberté". Son projet : concilier dynamisme économique et justice sociale.
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-Le Blairisme britannique (1990) inspiré de la « Third Way » d'Anthony Giddens qui souhaite rénover la « vieille » démocratie-sociale pour l’adapter à la nouvelle situation sociale et économique liée à la globalisation, et notamment transformer le « Welfare State ». Il est celui dont F.Bayrou, appliquant la dialectique du "ni gauche ni droite" est le plus proche.
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-Le social-libéralisme français (Delanoisme ?) : voir partie 4.
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3-Les propositions clés des sociaux-libéraux
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Principes politiques :
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-De l'Etat Providence à l'Etat solidaire (intervention sociale de l'Etat, redistribution) et Etat de droit.
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-De la démocratie participative à la démocratie « délibérative » : la social-libéralisme repose sur une philosophie du dialogue, de la discussion. Selon les sociaux-libéraux, la liberté de pensée, de communication et de critique est « la source de tous les pouvoirs » et leur confère leur légitimité. B.Ackerman (1980) parle même d’une « démocratie dialogique ». La démocratie délibérative passe aussi par un syndicalisme fort.
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-La laïcité : elle est considérée comme un principe de tolérance organisant la coexistence de tous les groupes.
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-Principes économiques : L'Etat solidaire, ou "Etat partenarial" n’aboli pas la propriété privée, ne la régule plus par l'interventionnisme, mais se contente de redistribuer la propriété. Concrètement, il empêche l'accumulation des capitaux pour favoriser la diffusion, promeut l'actionnariat populaire, limite le temps de travail, redistribue les richesses par l'impôt progressif.

-Le droit au patrimoine (propriété privée, garante de la liberté car pour sa sécurité, tout individu a besoin d'une réserve de subsistance : la propriété-domaine).

-De l'économie mixte à l'associationisme : il s'agit de lutter contre les monopoles, mais face à la pression monopolistique, les entreprises peuvent s'associer en coopératives.
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-« L’Allocation Universelle » ou « Revenu de Citoyenneté » (J-M.Ferry, 2003). La solidarité ne peut plus reposer dans la communauté des travailleurs (cotisations sociales), car il faut faire son deuil du plein emploi. Il s’agit de déconnecter le revenu de la seule participation à la production économique. Bref, il faut donner à tout citoyen majeur et recevoir, de la part de la communauté, une part de la richesse nationale. Tous les jeunes citoyens selon délivrés des handicaps financiers, atteignant l’égalité des chances, l’égalité réelle.

-De la « protection sociale » au "service social".

-Pour une "éducation du citoyen" : dans une société où les citoyens sont manipulés par les diverstissements de masse, ils ne peuvent être que de droite (explication du succès de Berlusconi par Bobbio). Il faut donc une éducation citoyenne
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4-Le Delanoïsme est-il un social-libéralisme ?

Le Delanoïsme se rapproche du social-libéralisme s'inspire de la théorie de l'italien Norberto Bobbio (1990) qui s'est opposé à Berlusconi (B.Delanoë s'oppose à Sarkozy, le "Berlusconi français").

D'abord, B.Delanoë se rapproche des sociaux-libéraux en ce qu'il s’agit, selon lui, d’organiser la réconciliation entre « ce qu’il y a de bon dans le socialisme et le libéralisme » (il s'inspire de J-M.Ferry, 2003).

Ensuite, B.Delanoë est un des seuls socialistes français à mettre en avant le rôle de la société civile aux côtés de l'Etat, ce qui le rapproche de l'associationnisme social-libéral.

En outre, Bobbio plaide pour un fort clivage droite/gauche et s'oppose à la rhétorique du "par delà la droite et la gauche" (et donc du MODEM en France). Il définit l'homme de gauche comme opposé à l'homme de droite sur la question de l'égalité : pour la Gauche, l'égalité est la règle, quand elle est l'exception pour la Droite. Néanmoins, le social-libéral se distingue du "gauchiste" en refusant l'utopie égalitaire : la gauche doit lutter contre l'égalité simple (totalitaire) et pour l'égalité complexe.

Par ailleurs, B.Delanoë intègre à son discours des propositions écologistes qui rompent avec l'éco-marxisme des partis écologistes traditionnels, pour tendre vers un "éco-libéralisme social" plus moderne, inspiré de la théorie du successeur de Bobbio : le philosophe italien Capitini.

Enfin, B.Delanoë, comme Bobbio, dénonce le blairisme, qui ne serait qu'un "néolibéralisme de 2ème génération". Son principal défaut est, comme le résumait Albert Camus dès 1944 : "d'être généreux, quoique mal formulé" et, surtout, de "donner l'impression de trahir le refus du conflit social et d'être incapable de se saisir de ce conflit". Ainsi, il ne refuse par le dialogue avec l'extrême gauche, qu'il pense convertir à la démocratie représentative.

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