Le principal enjeu du congrès de Reims sera le choix du positionnement du PS dans les années à venir, années chargées en échéances électorales.
Le multiplicité des candidatures au poste de 1er sécrétaire, en préparation du congrès de Reims, brouille fortement les termes du débat.
Néanmoins, il est possible de dessiner une typologie des stratégies et « postures » qui seront proposées à l'automne prochain :
1-Une « centrisation » du PS en prévision d'une alliance avec l'ensemble du MODEM.
2-Une « reconstruction » du PS visant à rassembler de l'extrême gauche modérée jusqu'au centre gauche.
3-Une « gauchisation » du PS visant à renouver avec l'extrême gauche.
Schématisation des trois propositions et de leur « potentiel électoral ».
Il faut considérer ces statistiques avec de nombreuses réserves : la répartition des voix peut évoluer et le vote MODEM reste un vote volatil.
A l'étude de ces statistiques, on peut déduire que :
a-Le projet de gauchisation du PS est électoralement voué à l'échec car il cloisonne le PS.
b-Le projet de centrisation du PS a le mérite d'être clairement social-démocrate. Néanmoins, est électoralement risqué, puisqu'il exige de rassembler au delà de la gauche, vers le centre droit. En outre, malgré le report de la réserve de voix présente à l'extrême gauche modérée, le candidat socialiste ne dépasse le candidat de droite que de 2 points.
c-Le projet de reconstruction du PS exige l'élaboration d'une synthèse relativement complexe à tenir dont l'opacité peut brouiller le message du candidat. De plus, il n'apparaît électoralement pas plus efficace que le projet de centrisation. En effet, il laisse le champ libre au centre-droit de se tourner dès le premier tour vers le candidat de droite, lui offrant ainsi une assise électorale extrêmement confortable.
Conclusion :
A priori, le projet de reconstruction du PS apparaît comme le plus crédible et semble présenter un potentiel électoral satisfaisant.
Pour autant, il présente deux défauts majeurs : d'une part, un manque de clarté d'un projet « entre deux rives » ; d'autre part, le risque d'offrir à la droite un espace électoral extrêmement important au centre droit.
Afin de combler ces deux écueils:
-il s'agit de déployer un projet fondé sur deux ou trois propositions transversales, et donc de définir les thématiques susceptibles de rassembler de l'extrême gauche au centre.
-cette « postutre » ne pourra être efficace qu'à condition de disposer d'un MODEM présent et crédible, capable d'attaquer avec force le candidate de droite, afin de pouvoir relancer la stratégie du « Tout sauf Sarkozy » dès le 1er tour et dissuader les électeurs de centre-droit de ne soutenir que le candidat de droite et de reporter, par défaut, une partie de leurs voix sur le candidat socialiste.
-enfin, le projet "reconstructeur" ne peut être viable qu'à conditions de conserver l'électorat de base du PS tout en attirant l'électorat de centre-droit.
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