L'échec socialiste en 2007 est en partie dû au déficit d'image de Ségolène Royal. Peu présidentiable en 2007, le sera-t-elle davantage en 2012 ?
1-S.Royal n'attire pas rééllement le vote féminin.
Malgré ses efforts, S.Royal n'a pas suscité l'adhésion du vote féminin. Le clivage homme/femme dans les choix électoraux des Français n'a pas eu d'impact significatif. Il en sera certainement de même en 2012.
2-La stature "présidentiable" de S.Royal reste fragile.
Durant la campagne, S.Royal a fait les frais d'une stratégie de "ridiculisation" systématique de la part de l'UMP, où une cellule "riposte" avait été spécialement mise en place. Les médias, friants de ces anecdotes ont amplifié le phénomène de dépréciation de l'image de la candidate, à la faveur de N.Sarkozy.
Or, il est certain que l'UMP déploiera la même stratégie de riposte, en cas de nouvelle candidature de S.Royal.
Par conséquent, S.Royal dispose encore de 4 années pour apurer son passif médiatique et apparaître "neuve" en 2012. Il lui est donc indispensable de conserver une position stratégique susceptible de renforcer sa stature de femme d'Etat. La réussite de sa candidature est donc conditionnée à sa victoire aux élections régionales de 2009 et/ou à sa nomination comme 1er Secrétaire du PS.
3-Les ouvriers de voteront pas Royal.
L'évolution du vote ouvrier, de l'êxtrême gauche au PS puis à l'extrême droite dénote une évolution sociologique majeure dans la strate ouvrière. En effet, le vote ouvrier apparaît calqué sur le vote FN : un vote masculin et populaire.
Teintée de racisme et de misogynie, il est fort probable que les ouvriers préfèrent s'abstenir ou adhèrent au projet "viril et incisif" d'un candidat qu'à l'image de S.Royal.
4-S.Royal : la candidate du "grand-écart".
Les études d'opinion montrent que S.Royal reste la seule candidate a pouvoir fédérer autour de son nom aussi bien 98% du vote Besançenot que 38% du vote Bayrou.
Il n'en serait pas de même avec un candidat socialiste davantage centriste, dont la capacité à absorber les voix de "la gauche de la gauche" est moindre.
4-S.Royal : la candidate des jeunes appartenant aux classes moyennes.
La candidature de S.Royal ferait écho à la recentrage du programme du PS. S.Royal pourrait alors devenir la candidate des jeunes (18-35 ans) appartenant à la classe moyenne.
Néanmoins, il semble en être de même pour les candidature de B.Delanoë ou de D.Strauss-Kahn.
Or, jusqu'à présent, S.Royal rassemble davantage les socialistes sur sa candidature (33%), devant B.Delanoë (30%) et D.Strauss-Kahn (20%).
BILAN : force et faiblesses de la candidature royal.
Forces : son statut de femme la rend résoluement moderne ; jusqu'à présent elle dispose du soutien des adhérants ; sa stratégie de communication lui permet de réaliser la "triangulation" de l'extrême gauche au centre.
Faiblesses : son statut de présidentiable reste fragile et conditionné à des victoire électorales et internes au PS ; elle n'attire pas le vote féminin ni ouvrier.
CONCLUSION : S.Royal ne peut gagner la présidentielle qu'en transformant son image, niant sa "féminité politique" pour adopter la stature d'une "femme d'Etat".

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