Liquidation du MODEM : la stratégie UMP

Publié par Jacques TIBERI On 08:02

En avril 2008, Le Monde (le journaliste Patrick Roger) prend connaissance d'une note écrite par Dominique Paillé (porte-parole de l'UMP, conseiller de N.Sarkozy).
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Dans cette note, D. Paillé qualifie de "proposition pertinente" l'idée du député européen Thierry Cornillet, de "retravailler dans le cadre de l'UDF historique sans François Bayrou".
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La stratégie de l'UMP est claire :
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1-Vider le MODEM de ses dernières figures, en leur offrant des postes.
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Les ambitions personnelles des centristes sont alors étudiées :
-Michel Mercier souhaite être ministre.
-Jean Arthuis veut conserver la présidence de la Commission des Finances en 2008.
-Pierre Méhaignerie veut rester la référence centriste au sein de l'UMP.
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2-Retirer au MODEM la majorité de ses subventions publiques.
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Selon la note, "les sénateurs centristes et de nombreux élus locaux ne veulent plus en faire bénéficier François Bayrou et Marielle de Sarnez des dotations publiques de l'Etat". Il serait alors possible que l'UDF récupère les "actifs" du MODEM qui appartiennent toujours formellement à l'UDF.
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Nous nous retrouverons alors avec un parti centriste supplémentaire, entièrement soumis à l'UMP, et disposant d'importantes subventions publiques.
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3-Qu'en est-il dans les faits ?
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Sachant que le financement des partis politiques repose sur deux bases:
-1,63 € / an pendant pour chaque voix obtenues au 1er tour des élections législatives.
-44.394,03 € par parlementaire (député et sénateur) élu qui doit confirmer sa signature pour un parti chaque année avant le 30 novembre.
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Actuellement, le MODEM dispose de 3 députés (François Bayrou, Abdoulatifou Aly et Jean Lassalle) et 10 sénateurs (Philippe Arnaud, Denis Badré, Yves Detraigne, Françoise Ferat, Jacqueline Gourault, Jean-Jacques Jegou, Michel Mercier, Catherine Morin-Desailly, Philippe Nogrix, Jean-Marie Vanlerenberghe).
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En avril 2008, J.Arthuis a anoncé son départ du MODEM.
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Il est donc certain que le démantèlement du groupe MODEM au Sénat est désormais la cible prioritaire de l'UMP.
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Financièrement, le MODEM ne dispose, jusqu'en 2012, que d'1,1 million d'euros :
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A-1,63 * 18 789 voix (élection de Aly à Mayotte) * 5 = 153 130,35 €.
B-1,63 * 22 803 voix (élection de Lassale dans les Pyrénées-Atlantiques) * 5 = 185 844,45 €.
C-1,63 * 25 677 voix (élection de Bayrou dans les Pyrénées-Atlantiques) * 5 = 209 267,55 €.
D-13 élus nationaux * 44.394,03 = 577 122,39 €.
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TOTAL A+B+C+D = 1 125 364,70 €.
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Considérant que les campagnes présidentielles, législatives et municipales de 2007 et 2008 ont coûté au MODEM près de 20 millions d'euros, ce dernier est fortement endetté, et ne semble pas en capacité financière d'affronter les échéances électorales à venir : régionales de 2009, européennes de 2010, cantonales de 2011, présidentielles de 2012.
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De plus, il suffit de la défection de quelques élus, notamment des sénateurs comme Michel Mercier, mais aussi Philippe Arnaud (qui pourrait être approché par S.Royal et le PS en Charente Maritime), ou encore Denis Badré (approché par l'UMP dans les Hauts-de-Seine), mais aussi Catherine Morin-Desailly (adjointe de M.Albertini, centriste soutenu par l'UMP à Rouen...) et enfin Jean-Marie Vanlerenberghe (élu difficilement contre le PC du côté d'Arras). Par ailleurs, Philippe Nogrix semble avoir rejoint l'Union Centriste.
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Financièrement, la perte de 3 sénateurs MODEM conduirait ce dernier à la faillite.

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