Gagner 2012 : quelle stratégie ?

Publié par Jacques TIBERI On 14:59

1-Retour sur les causes de l'échec de 2007.
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La défaite socialiste lors des élections présidentielle de 2007 a une double explication :
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a-La stratégie de l'UMP visant à « mettre en doute » les compétences de S.Royal a profité de l'amateurisme de l'équipe de campagne socialiste et des dissentions internes aux PS. Conséquence : une candidate discréditée auprès des milieux « bourgeois de gauche » qui se reportent sur F.Bayrou.
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b-En tentant de ménager l'électorat socialiste, gauchiste et centriste, S.Royal a multiplié les allers-retours entre un discours social de gauche (sécurité sociale professionelle, respect, 6ème République) et un discours économique centriste (croissance, désendettement) ; puis un discours économique de gauche (SMIC à 1500 € ; aides en tout genre) et un discours social centriste (identité nationale...). Conséquence : un programme inaudible et un discours confus, conduisant les électeurs « en mal de volontarisme politique » à se reporter sur F.Bayrou et N.Sarkozy.
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c-La trop grande part d'improvisation dans la campagne de S.Royal l'empêche de résister à l'émergence des thèmes de droite dans la campagne (insécurié, immigration, identité nationale...) empêche le PS de ramener le débat sur les questions sociales. Conséquence : N.Sarkozy « fait » la campagne, à sa faveur.
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2-Les voies de « rénovation » possibles du discours socialistes.
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a-La radicalisation : un discours « à gauche toute », socialement et économiquement ; fondé sur un rapprochement avec l'extrême gauche et une attaque permanente du MODEM.
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Avantages : ce discours à le mérite de « cliver » le débat, droitiser le MODEM et relancer une dynamique de « Tout sauf Sarkozy ».
Inconvénients : un discours économique irréaliste, électoralement voué à l'échec : les votes des électeurs « non-sarkoziens » se partageront entre le PS et le MODEM, sans possibilité d'union au 2d tour.
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b-La centrisation : un discours « blairsiste », socialement et économiquement centriste ; fondé sur une alliance avec le MODEM dès le 1er tour.
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Avantages : le PS rompt avec le discours de « synthèse » confus, pour affirmer un projet clairement centriste.
Inconvénients : F.Bayrou apparaît habité d'une certitude quant à son « destin historique », et n'acceptera certainement pas de perdre ses chances présidentielles en acceptant une alliance dès le 1er tour avec le PS, même en l'échange d'un poste de Premier ministre. De plus, les électeurs « de la gauche traditionnelle » seront fortement troublés par cette transformation et voteront aux extrêmes, voire s'abstiendront.

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c-Le rassemblement : un discours « socialement de gauche et économiquement centriste » ; fondé sur une stratégie de liquidation du MODEM et de soutien « siphonage » du discours écologiste et d'extrême gauche.
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Avantages : cette posture est électoralement la plus porteuse. Elle assure au candidat socialiste un maximum de voix, dès le 1er tour, de la part des électeurs de gauche et du centre.
Inconvénients : la réussite de cette stratégie exige d'affaiblir considérablement le MODEM et F.Bayrou, ce qui apparaît fort complexe. De plus, le candidat socialiste ne sera pas à l'abrit de confusions.
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3-Faire le choix du rassemblement.
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Les stratégies de radicalisation et de centrisation sont vouées à l'échec. En se radicalisant, le PS rompt avec l'électorat centriste et fait la victoire de F.Bayrou. La stratégie d'alliance avec le MODEM est irréaliste et conduirait le PS à reproduire les errements (allers-retours) de la campagne de 2007.
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Par conséquent, seule la stratégie de rassemblement reste envisageable. Son succès dépend de la capacité du PS à éliminer F.Bayrou dès le 1er tour.
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4-La condition sine-qua-non d'une victoire socialiste en 2012 : liquider le MODEM.
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L'entreprise d'élimination du MODEM de l'échiquier politique français repose sur deux axes :
a-Avorter le développement du MODEM.
b-Retirer à F.Bayrou toute crédibilité.
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Cf : la note stratégique afférente.

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