Organiser le retour gagnant de DSK

Publié par Jacques TIBERI On 02:53

En acceptant la candidature au poste de Directeur du FMI proposé par N.Sarkozy, DSK a mis en scène un retrait partiel de la vie politique français. Néanmoins, son retour reste possible avant 2012.
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Pour autant, ce retour peut s'avérer défavorable à DSK. En effet, ce dernier étant contraint de démissionner de son poste de Directeur du FMI (la fin de son mandat intervenant après la campagne présidentielle de 2012), son image peut pâtir du caractère apparemment opportuniste de sa décision.
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L'opinion pourrait être conduite à le considérer comme un irresponsable carriériste, incapable de tenir ses engagements. Une image fortement handicapante, et compromettent ses chances de reconquérir l'opinion dans la perspective d'une candidature de 2012.
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Dès lors, il s'agit d'établir une stratégie susceptible de rendre au retour de DSK sur la scène politique française l'aspect d'une victoire plutôt que d'un échec. Dans le même temps, cette stratégie devra permettre de restaurer l'image "d'homme de gauche" d'un responsable politique lié à une organisartion internationale accusée de participer au désordre économique mondial, de promouvoir les thèses néo-libérales et dont les agissent furent systématiquement décriés par l'intelligencia de gauche.
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Une telle stratégie de "retour gagnant" exige d'appliquer un scénario, déroulé en 2 actes.
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Acte 1 : Le clash
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Dès sa nomination au poste de Directeur du FMI, DSK a exprimé son intention de réformer profondemment cette institution alors contestée. Il en a d'ailleurs fixé les grandes lignes dès septembre 2007 :
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1-Introduire davantage de diversité dans le personnel pour faire en sorte que le Fonds développe toute l'expertise nécessaire sur les pays à qui il dispense ses conseils.
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2-Il est nécessaire de donner aux pays émergents et en voie de développement une voix plus forte au sein de l'institution. Nous devons aller beaucoup plus loin dans la réforme des quotes-parts et nous accorder sur une réforme ambitieuse au bénéfice des pays dont le dynamisme et le rôle croissant dans l'économie mondiale ne sont pas adéquatement reflétés dans la répartition des quotes-parts, tout en veillant à donner aux autres pays une voix suffisante.
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3-Il peut être utile de réfléchir à de nouvelles règles de vote au sein du conseil d'administration du Fonds. Une double majorité de quotes-parts et de pays pourrait, par exemple, être exigée pour des décisions cruciales.
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4-Le FMI a besoin d'un cadre budgétaire rénové, économisant les ressources des pays membres, ainsi que d'un modèle de financement plus viable (rapport Crockett). Il est possible d'opter pour le placement d'une partie du capital du Fonds ainsi que la vente d'une partie limitée de ses stocks d'or.
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5-Le rôle du Fonds n'est certes pas de se substituer aux agences de développement. Cependant, étant donné l'importance de la stabilité macroéconomique pour la réduction de la pauvreté, il ne fait aucun doute que le FMI doit rester actif dans les pays à faibles revenus.
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6-Pour occuper un poste aussi primordial, le Directeur du FMI doit bénéficier du soutien international le plus large et être choisi pour ses mérites sans la moindre référence à sa nationalité, alors que le poste revient toujours à un Européen.
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C'est sur ce projet que peut intervenir le clash. Proposant un programme de réforme ambitieux et résolument hétérodoxe (par exemple inspiré par les propositions du CADTM [Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde] qui exige par ailleurs la dissolution du FMI), DSK est susceptible de s'attirer les critiques d'une large majorité des partisans du "libéralisme économique", aussi bien dans le monde politique que parmis les experts.
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Cette crise, d'abord interne, est rapidement médiatisée, pour devenir internationale. La résistance de DSK, saluée par les milieux de gauche et les PED, le présente comme un défenseur des faibles et des régulateurs face à une mondialisation anarchique et destructrice.
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Affrontant avec courage ses opposants à grand renfort de soutiens internationaux, il mène un combat diplomatique de près d'une semaine, avant de démissionner avec fracas et panache. Nous sommes en février 2010.
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Acte 2 : le renaissance du phénix.
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De retour en France, DSK reste discret, tout en maintenant une présence médiatique sporadique, intervenant notamment dans le cadre de conférences économiques ou de débats spécilisés afin de raconter son aventure et conforter son image de réaliste de gauche et d'experts économiques.
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Néanmoins, il ne fait pas de doute que la presse soulèvera prestement la possibilité d'un retour politique de l'ancien directeur du FMI. Une perspective tout d'abord niée par le candidat qui cèdera toutefois devant l'insistance optimiste de ses amis du PS et de nombreux militants (rassemblement pour le retour de DSK, groupes de militants, articles de presse rédigés par des "tiers" favorables).
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Enfin, DSK accepte avec joie et étonnement, de prendre la tête d'un mouvement socialiste et d'engager une dynamique de victoire pour les européens de 2011 et les présidentielles de 2012. Nous sommes en Avril 2010.

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