B.Delanoë, "De l'Audace" : analyse partielle.

Publié par Jacques TIBERI On 07:17

"Un projet novateur et juste qui épouse le réel sans jamais s'y soumettre".

Les phrases en rouge sont tirées de la contribution Delanoë : "CLARTÉ, COURAGE, CREATIVITE : POUR UN GRAND CONGRES SOCIALISTE".

1- Diagnostic sur les faiblesses de la gauche.

"Les Français nous aiment bien, ils trouvent que nous sommes utiles dans les collectivités locales.

Mais nous sommes rarement crédibles pour conduire la politique de l'Etat.

Aux yeux de l'opinion, la droite est naturellement légitime, elle est par définition appelée à gouverner le pays.

On ne fait appel à la gauche que si ça va très mal socialement, pour corriger les injustices.
Mais est-ce qu'une fois les français nous ont perçu à la fois comme de bons gestionnaires et des agents efficaces de la justice sociale ?"

2- Pour une gauche capable de conquérir le pouvoir.
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Il faut oser les vérités dérangeantes.
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La synthèse est morte, voici venu le temps des différences assumées.
Il faut rompre avec une « radicalité » de gauche qui neutralise les forces de transformation sociale et renoncent à toute confrontation de leurs convictions avec l’exercice des responsabilités.
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Je dis : pas de sujet tabou, mais vigilance sur les principes.
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La gauche doit se convertir à cette méthode : fermeté dans les principes, pragmatisme dans l'application.
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Il faut porter un regard lucide sur les difficultés de la France et préconiser des solutions politiques qui répondent réellement au diagnostic établi.
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Les socialistes doivent se fixer pour objectif est de restaurer la performance de l'économie française, sa capacité à créer des richesses et des emplois, à être porteuse de progrès social et écologique.
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Les socialistes doivent devenir entrepreneurs en progrès social et managers du changement. Il faut tordre le cou à l'idée selon laquelle les socialistes ne savent pas réformer.

Entre le bonapartisme néo-libéral de Sarkozy et la radicalité sans débouché de l’extrême gauche, il est vital pour la social-démocratie d’exister comme véritable projet de société.

Le Parti Socialiste doit devenir "le parti de la croissance au service de la justice sociale".

3-Pour l'alliance de toute la Gauche, mais QUE la Gauche.

Le PS a besoin de tous ses membres, sans exception.

L’enjeu est de retrouver un élan national en refondant l’ensemble de la gauche et des progressistes.

Il faut élargir notre majorité au centre gauche, à condition qu'elle s'assume comme tel. Mais je ne peux envisager l'alliance avec le MODEM.

Le centre n’arrive à exister qu’avec un seul objectif : affaiblir le PS tout en misant sur l’échec de Sarkozy pour se substituer à nous et incarner l’alternance en 2012.

On pouvait s'adresser aux électeurs de Bayrou au 1er tour. Mais est-ce sérieux de concevoir une alliance allant du centre à l'extrême gauche ?

Nous devons donc travailler d’abord au rassemblement le plus large en notre sein de toutes les forces qui veulent ouvrir une alternative durable à la droite. Tout autre chemin, qui ne s’appuierait pas sur un parti socialiste plus fort, plus ouvert, plus influent, ne ferait que servir les intérêts de ceux qui, à l’extrême gauche ou au centre, fondent leur stratégie sur un affaiblissement du parti central de la gauche.

4- Delanoë VS Sarkozy

Je ne nie pas que N.Sarkozy a fait des réformes.

Il part d'un constat de bon sens : on ne peut plus continuer comme ça.

Le « sarkozysme » est surtout marqué par l’obsession de l’instant médiatique, antinomique avec l’exigence d’une vision de long terme.

Quand la communication se substitue à l'action, il y a une forme d'imposture.

N.Sarkozy veut faire le bien de tous, contre tous.

5-Delanoë par lui-même

-Son homosexualité

A ceux qui disent "l'opinion n'est pas prête" : "on croît que l'homosexualité est acceptée à Paris mais pas en province, c'est faux".

A ceux qui disent : "B.Delanoë fera des lois trop audacieuses dans le domaine des moeurs" : "j'aime les traditions, à beaucoup d'égards".

-Son mauvais caractère

A ceux qui disent "vous avez mauvais caractère" : "j'ai du caractère, mes collaborateurs prennent souvent des savons, ils en souffrent sur le moment, mais ils continuent à travailler avec moi. Mes collaborateurs l'acceptent puisqu'ils restent avec moi." "Il faut de décisions, une animation, une exigence... comment peut-on le faire sans autorité ? Le perfectionnisme installe une tension permanente. Mais c'est une condition de la réussite."

-Un manque de lucidité sur les médias ?

Je parle sans notes, je préfère la spontanéité.

J'ai été un patron.

Face aux médias, je suis sobre dans mes interventions médiatiques : je tente de privilégier le fond.

Tout candidat devra décrire sa situation sentimentale, intime, personnelle, avant de prétendre à une quelconque responsabilité : je ne le veux pas.

-Ses "affaires"

Aucun de nous n'est un prix de vertu, mais je ne me donne aucune marge de manoeuvre. Je paye tous mes billets d'avion, je n'aide pas mes amis.

J'ai décidé de l'expulsion de sans-papiers dans le gymnase Japy : cela à fait scandale à gauche, mais il fallait que je le fasse.

CONCLUSION

Ce n’est qu’au lendemain d’un autre congrès d’orientation politique, en 2011, que les socialistes auront à trancher la question de savoir qui sera leur candidat pour l’élection présidentielle de 2012.

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